L'éducation pour la santé en milieu scolaire

L’Education pour la Santé en milieu scolaire

avenirsante_contourDéfenseur de la protection sociale et acteur dans la prévention (en matière de tabagisme, de vaccination et de développement durable), la Mutuelle MAGE s'inscrit dans le programme de formation des professeurs stagiaires en leur dispensant des conférences sur le thème de la prévention santé en milieu scolaire. Elle réalise ce type d'intervention en partenariat avec Avenir Santé, (http://www.avenir-sante.com/) née en 1998 d'une volonté de favoriser le dialogue entre les jeunes et qui rencontre environ 180 000 jeunes par an (et ce, sur 6 régions françaises).

Afin de promouvoir un état d’esprit et de développer une pédagogie de la prévention et de l’éducation pour la Santé, la MAGE et Avenir Santé ont conçu ce document à destination des professeurs en début de carrière. Il contribue, modestement, à les aider dans l'organisation de débats ou d'interventions sur le thème de la prévention, à déterminer le cadre d'une action, à définir les objectifs et la méthodologie pour leur mise en place.


Eléments généraux
pour la mise en place d’une action de Prévention/d’Education à la Santé

1)   Le cadre d’une action

La mise en place d’une action de prévention doit s'appuyer sur un projet éducatif global associant les différents partenaires susceptibles d’intervenir devant les élèves.

Des actions d'information ou de sensibilisation des adultes de l'établissement seront nécessaires pour assurer la cohérence des discours et comportements.

Les parents, partenaires naturels et légitimes dans la démarche éducative, sont associés à la mise en place du projet par l'information qui leur est faite sur I'organisation des séances auprès des élèves et par leur participation au conseil d'école ou d'administration de l'établissement scolaire. Ils sont informés régulièrement de l'évolution du projet.

2)   Les objectifs des interventions

Le projet mis en place doit avoir pour objectif d'aider les élèves à développer des compétences qui reposent sur :

•   L'appropriation de connaissances utiles pour comprendre et agir.

•   La maîtrise de méthodes d'analyses et d'actions pour comprendre et agir.

•   Le développement de compétences et d'attitudes telles que I'estime de soi, le respect des autres, la solidarité, I'autonomie, la responsabilité…

•   La possibilité d'accès, si nécessaire, aux personnes « ressources » pour le soutien ou le soin.

La démarche adoptée doit favoriser la participation des élèves et accompagner leur réflexion.

3)   Les intervenants

Qu'ils soient membres de l'équipe éducative, partenaires institutionnels ou issus du milieu associatif, les intervenants doivent s'inscrire dans un projet dûment construit et éviter les interventions ponctuelles, dont la portée éducative reste limitée.

Ils doivent par ailleurs :

•    Avoir des connaissances solides et actuelles, des compétences reconnues vérifiables et acquises lors de formations spécifiques.

•   Avoir réfléchi à leurs propres représentations sur le sujet pour ne s'appuyer que sur les réalités scientifiques et légales de la question.

•   S’engager à respecter le caractère confidentiel des échanges lors d'une séance, tout en veillant à ce que ces échanges restent liés au cadre de l’intervention, et puissent, sans dommage, être entendus par les élèves.

•   Manifester une certaine empathie avec les élèves, veiller à ne pas impliquer personnellement ni ceux-ci, ni soi-même dans des échanges relevant de I'intimité de chacun.

•   Etre attentifs à d'éventuelles manifestations de souffrance et être capables de rencontrer de façon individuelle l'élève qui le souhaite, non pour le prendre en charge soi-même, mais pour l'orienter vers les personnes ou structures ressources si nécessaire.

•   Savoir communiquer avec les élèves en comprenant le langage parfois spécifique aux jeunes sans construire son intervention sur ce mode de communication : en effet, ceci reste une facilité et, dans une illusoire « proximité » de vocabulaire, ce qui ne met pas en place le rôle éducateur de I'adulte.

4) Les interventions

•   L'intervention doit s'inscrire dans le projet de l'établissement ou de l'école et permettre la construction d'un partenariat.

•   La mise en place de cette action nécessite un travail préalable d'analyse des besoins et demandes, de construction du contenu des interventions et d'évaluation des actions.

•   La participation des élèves doit être favorisée pour permettre I'expression de leurs représentations et connaissances sur ces sujets.

•   Cette expression ne doit laisser aucune place à un quelconque jugement ou à une interprétation des propos ainsi portés à la connaissance de l’intervenant. Elle doit permettre au contraire, autant que faire ce peut, la valorisation des interventions faites par les élèves.

Une co-animation active, associant l'enseignant de la classe et les partenaires, qu'ils soient institutionnels ou extérieurs, doit être systématiquement mise en place.

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Eléments de méthode pour la mise en place d’une action de Prévention/d’Education à la Santé

1) Les partenaires sont soucieux de situer leur intervention dans une politique globale académique d'établissement, de circonscription ou d'école, en matière de prévention et d'éducation à la santé et à la citoyenneté.

Pour rappel, la Loi sur la laïcité interdit toute forme de prosélytisme idéologique ou religieux.

2) L'établissement scolaire reste maître du pilotage du projet : l'équipe de pilotage du comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) ou la personne référente du CESC, en lien avec le chef d'établissement ou l'inspecteur de l'éducation nationale chargé de circonscription du premier degré (IEN CCPD) ou le directeur d'école, s'assure de la cohérence de I'action envisagée avec la politique de santé-citoyenneté du projet d'établissement, de circonscription ou d'école. L’équipe :

  • Conçoit, avec les intervenants, le projet dans la durée et la continuité.
  • Construit, avec les intervenants, une évaluation et une exploitation de résultats.
  • Est attentive aux effets des actions envisagées sur la qualité du climat scolaire, sur la valorisation de personnes et de l'établissement.

3) Les élèves sont associés à l'ensemble du projet. Ils sont force de propositions aux différentes phases de celui-ci :

  • phase de définition des besoins, de leurs attentes,
  • phase de préparation, qui doit sensibiliser les élèves et donner du sens à I'action proprement dite, en tenant compte de leurs représentations,
  • phase de réalisation, qui repose sur une participation active de leur part,
  • phase d'évaluation.

4) L'ensemble des personnels est informé du projet, des actions qui en découlent, et de sa cohérence avec la politique de santé-citoyenneté du projet d'établissement ou d'école.

  • Les personnels bénéficient d'une mise à jour de leurs connaissances en fonction du thème.
  • Ils sont présents lors du déroulement du projet avec les élèves.
  • Ils prévoient le suivi des actions.

5) Les parents sont informés et peuvent également bénéficier d'une mise à jour de leurs connaissances sur le thème choisi pour I'intervention.

6) Une évaluation des actions est menée par les signataires de la charte, à l'aide :

  • des indicateurs de processus : respect du calendrier fixé suivi et déroulement des étapes du projet, difficultés rencontrées, points forts, adaptation au public, satisfaction...
  • des indicateurs de résultats : amélioration des connaissances, des compétences
  • des indicateurs d'impact : effets inattendus (positifs ou négatifs) du projet auprès du public, de son environnement social et familial des partenaires...

7) Les différentes évaluations sont présentées lors des réunions de bilan.

Pour aller plus loin :